Un bout de Bretagne : Une tranche d'histoire et de vie
Une toute petite histoire, un morceau de vie qui pétillent et bulle dans l'été et le soleil, vivez avec cette enfant à l'esprit adulte et contemplez en elle, toute la beauté du bonheur.
4/8/20264 min read


Chapitre 1 : Bien arrivée
Bonjour mamon. Je suis arrivée il y a six jours en Bretagne ! Oui j'avais promis de t'écrire dès le premier jour, mais j'ai pas pu et tu vas comprendre pourquoi ! Alors voilà : je suis arrivée le lundi à 9h et c'est mamie qui est venue me chercher à la gare. Moi je ne l'ai pas vue de suite mais elle si ! En même temps mamon, me demander de retrouver toute seule une mamie que j'allais rencontrer pour la première fois, c'était osé ! Donc elle m'a accueillie dès ma sortie du train avec un grand sourire : imagine deux lignes blanches parallèlement positionnées, avec un trou noir au centre. Moi je ne l'avais jamais vue, mais elle si apparemment. Mamon, tu crois que mamie est voyante ?
Chapitre 2 : Le premier jour
Le premier jour c'était dodo toute la journée ( après neuf heures de train c'était mérité !). Le séjour n'a donc vraiment commencé que le jour d'après. Et ce jour-là, je me suis réveillée au milieu d'un rêve. La maison de mamie est au milieu de l'enchanté ! Des pommiers, des orangers, des châtaigniers et des vignes à proximité ! Le tout sur un tapis de verdure doux comme de la soie. À droite de la demeure, un petit enclos sert de ranch dans lequel galope à longueur de journée, un mustang sauvage qui refuse de se soumettre aux hommes. Un roi vagabond forcé à servir l'indigne. Il s'appelle Philibert et c'est mon préféré. Il est brun, robuste à première vue et rapide ! Ses airs majestueux et fiers laissent à penser qu'autrefois, il fut le compagnon d'un certain Charles de Batz. Mamon, tu crois qu'il a connu d'Artagnan Philibert ?
Chapitre 3 : le troisième jour
Le troisième jour, nous sommes allées mamie et moi à Saint-Malo. Là, i'ai vu un immense ciel endormi près de la terre, comme un géant d'azur paresseux. Parfois quelques voiliers lui passent dessus, vingt ou trente albatros aussi, accompagnés de plusieurs centaines de mouettes. Mais le géant bleu ne fait et ne dit rien. Il reste là, immobile comme satisfait de sa propre condition, à condition d'être contemplé de long en large par des néophytes tels que moi au quotidien : les narcisses d'aujourd'hui. Je me suis donc volontairement baignée en lui, et en ressortant j'étais bretonne ! Mamon, c'est ce qui s'appelle se faire baptiser ?
Chapitre 4 : le quatrième jour
Pour le quatrième jour, nous sommes allées au Cap Fréhel. Là-bas, la terre s'élève majestueusement face à l'océan. Et un phare sert de symbole à cet orgueil millénaire qu'est celui des hommes : celui de vouloir constamment surpasser la nature. On a emprunté ensuite un long sentier sur la côte, qui nous offrit par la suite en guise de remerciement, une vue panoramique sur ce que les eaux avaient de plus beau à montrer. Mamie m'a ensuite montré du doigt ce qui s'apparentait à une légion d'oiseaux en vol : un arc-en-ciel de plumes voire une nuée de rois marins ailés. Je m'étais contenue jusqu'ici devant autant de magie, mais là j'ai couru à leurs côtés une fois qu'ils ont atteint la terre, comme une folle raisonnée par ce qui a fait la beauté de tes enfances. Mamon, pour mes treize ans, je veux une Bretagne de poche !
Chapitre 5 : Le cinquième jour
Le cinquième jour, je I'ai passé avec papi. Il n'est plus tout jeune, mais reste très casse-cou. Et au moins avec lui, à Ia différence de mamie, je peux faire du cheval, couper du bois à la hache (une toute petite t'inquiète pas), nettoyer ses fusils et tirer à l'arc. Il me dit souvent que je suis le petit garçon qu'il a toujours rêvé avoir (je pense qu'il a toujours pas compris que je suis une fille). Ensemble, on forme donc le duo Indiana Jones et Billy le kid. Donc basta les flics on les emmerde !(oups désolé pour le gros mot !). Ce soir-là, on a dîner du chevreuil et moi j'ai mangé avec les mains, comme une vraie hors-la-loi ! Mamon, tu crois que je pourrai aussi ajouter à ma liste de cadeaux de Noël, un Smith et Wesson ?
Maintenant, mamie et papi sont pour moi ces personnes chères, qui n'ont pas de prix. Et que la mort, ne pourra qu'immortaliser. Ils me font plein de bisous quand ils le peuvent et d'après eux, c'est pour me témoigner leur amour. Mais pour moi, maintenant, le simple fait qu'ils soient présents suffit à mes futurs. Papi a le caractère d'un jeune garçon un peu fougueux et mamie celui d'une jeune paysanne au cœur plus grand que les yeux. Et tous deux vivent ici leurs plus belles années, à l'abri du temps. Pour changer un peu de sujet, mamie a une large cicatrice qui traverse toute sa joue droite. Quand je lui demande comment elle se l'ai faite, elle me répond que c'est en essayant de libérer un prince de son donjon. Mamon, un prince ça se libère ?
Chapitre 6 : La fin du voyage
Le sixième jour, donc celui au cours duquel je t'écris, j'ai réalisé que j'avais été prise de court ! Non ! Prise en traître ! Et ce lieu en est le fautif ! J'avais pourtant tout planifié d'avance mais mon planning a volé en éclats ! J'étais organisée mais au final j'ai fini bordélique au plus grand bonheur de ma joie de vivre. J'emporterai donc demain, quand je quitterai ces lieux, de quoi me faire des souvenirs inoubliables et de quoi me fabriquer un courage, pour mon opération dans deux semaines.... donc que j'en meurs ou pas franchement je m'en moque car j'ai déjà vécu l'essentiel. J'ai cherché à trouver du temps pour tout faire, mais ici chaque instant est précieux donc ce temps, je ne voulais pas le perdre en le cherchant. Ainsi, je te dis à demain ! PS : je pense que j'arriverai avant ma lettre !



